Jamais je n'aurais pensé qu'il était possible d'en arriver là. Toucher le fond. Voilà ce qu'il t'arrive: tu as touché le fond. Je n'imaginais pas que tu puisses tomber aussi bas et frapper aussi indécemment que tu le fais. D'ailleurs je ne sais même pas ce qui me pousse à répondre bêtement à tes ignobles phrases. Peut-être tout simplement que je le fais parce que c'est toi, et que toi, je ne te pensais pas capable de faire du mal aux personnes à qui tu attachais un minimum d'importance et de respect. Pff, tu m'as bassinée avec ce respect que soit-disant tu me portais, en plus de tout le reste... Mais bon, comme tu me l'as bien assené, je ne te "connais pas", je ne t'ai même "jamais vraiment connu", car tu ne t'es apparemment "jamais montré tel que tu étais"... Conclusion, le respect et tout le bataclan est passé à la trappe.
Et pourtant je m'en fous royalement.
Je sais que moi, j'ai sincèrement aimé ce temps passé avec toi, tout cela fait partie de moi, de mes souvenirs, je n'ai aucun regret sur quoi que ce soit, pas même sur notre séparation finalement, et surtout, je ne me reproche rien, strictement RIEN, puisque je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai jamais rien fait de mal, ni par le passé avec toi, ni au présent sans toi. Je sais très bien que tu cherches à me faire avaler le contraire, mais je n'y croirai pas, car je n'agis que dans la pure logique des choses. En effet, tu as foutu en l'air ce en quoi je croyais le plus, au moment où je m'y attendais le moins. Suite à cela, tu t'es lâchement caché, coupant tout contact, alors que jamais je ne te l'avais demandé. (Aurais-tu eu honte ?) Finalement, tu es revenu comme une fleur, le jour de mes 18 ans, brutalement, comme tu étais parti, trois mois plus tôt. Un nouveau choc, de nouvelles questions dans ma tête... Mais ton départ avait déjà tout changé en moi! Certes j'ai pleuré ton absence, certes la tristesse s'est emparée de moi et mes yeux n'ont longtemps plus rien vu en couleurs. J'avançais à tâtons, me disant qu'il fallait que je continue d'exister, même si tout avait l'air terne et sans saveur, même si je croyais que sans toi ce n'était pas possible... Oui j'ai eu mal et sans doute bien plus que tu ne le crois. Je ne me reconnaissais plus. Cela dit, en partant, tu avais déjà arraché tout seul une part de mes sentiments. Après quelques semaines passées sans toi, la question de te réaccepter dans ma vie au même statut qu'avant ne se posait plus. Il était trop tard pour "nous"... Néanmoins je me suis dit que le dialogue pouvait reprendre, parce que tu me disais en avoir besoin et que ça ne m'engageait à rien de bien concret. Encore une fois j'ai serré les dents et je t'ai laissé me parler, m'appeler... Ca m'a fait du bien en fait, je ne le cacherais pas... Mais...
Mais il y a eu du changement dans ma tête et mon coeur au moment où je suis partie en vacances. Et pourtant Dieu seul sait que ces vacances, je les redoutais! Oh qu'elles me faisaient plus peur qu'envie! Ces montagnes vertes, géantes de roches et de prairies, ces torrents déchaînés sous ce ciel d'un bleu turquoise, ces myriades d'étoiles habilement peintes sur la voûte céleste à la nuit tombée, ces grands espaces sereins... C'est à toi que je voulais les montrer. Et je pensais que les admirer sans toi me tordrait le ventre... De prime abord, ce fut le cas. Puis au fil des jours, ta voix plaintive au téléphone ne me brisait plus le coeur, elle me trouait juste le crâne...
Oui, Il a débarqué. *Paf*
De grands yeux verts et des mots doux, ça m'a suffit... Nous avons beaucoup parlé, même de toi et de moi, surtout de ce "nous" qui a marqué ma vie, en fait... Parlé jusqu'à m'en donner les larmes aux yeux et rouvrir les stigmates de mon coeur. J'ai à nouveau saigné en dedans, mais cela devait sans doute être nécessaire pour que la cicatrisation finale se fasse. Ses paroles ont une à une recousu la plaie et ses bras ont achevé les soins en se posant sur moi un mercredi soir, comme un pansement sur mon coeur. Je n'ai rien demandé et pourtant tout est venu à moi. J'ai recommencé à sentir la vie et l'envie bouillonner en mon sein... J'ai pris un peu peur. Mais je me suis laissée faire, emportée par une vague étrange et quelque peu familière à la fois. Tout s'est enchaîné très vite. Si vite que j'ai vraiment eu très peur en réalité. Mais j'ai encore laissé les choses se faire, sans bloquer mes sentiments. Ai-je eu raison ? Je ne sais. Mais je sais qu'aucun regret ne se fait, ni ne se fera sentir. Les deux semaines sont alors passées à une vitesse inouïe, si bien que le dernier jour est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Dernier soir, on réalise que la fin est vraiment (trop) proche, nerfs à vifs, réconciliation nocturne. Matin du départ, derniers mots, larmes et adieux... Ou presque.
Il y a eu des retrouvailles, (auxquelles je n'aurais jamais cru), deux jours ici, une semaine après ce que je pensais être nos derniers moments. Deux jours magnifiques qui sontencore une fois passés trop vite en laissant derrière eux une multitude d'inaltérables souvenirs. Pas une seconde de répit, la tête et les sens occupés tout du long, je n'ai pas vu les heures passer...
Et toi, tu jalouses ce nouveau, ce tout récent bonheur. Tu le jalouses parce qu'il prend source dans les bras d'un autre que toi. Tu me dis que tu m'en veux de ne pas t'en avoir tenu informé... Apparement je t'aurais trahi. Pff trahi. Tu ne sais pas ce qu'est la véritable trahison. Pourquoi donc voulais-tu que je te parle de cela ?! Logiquement, ce que je fais de mon existence ne te regarde plus. Tu as voulu m'extraire de ta vie, je respecte aujourd'hui ce choix que tu as fait il y a quatre mois jour pour jour. D'autre part, j'estime également que le 12 avril 2008, ma liberté d'agir et d'aimer m'ont été rendues, ou plutôt larguées en pleine face devrais-je dire, en même temps que les clés de mon coeur, que tu as vulgairement jetées par la fenêtre... Un autre s'est baissé pour les ramasser dans les flaques de mes larmes et a tout simplement fermé la porte de ton histoire. La dernière page s'est tournée ; pour moi il y a une "happy end". Toi... tu restes vautré dans le pathétique de ta littérature médiocre.


Créer un blog





